L’Institut de promotion des formations sur l’islam a été lancé lundi 16 octobre par Bruxelles. Si cette officialisation met fin à plusieurs mois de blocages de ce projet attendu, elle ne met pas fin aux critiques sur le manque de séparation entre Etat et religions.
En Belgique, comme en France, les instituts de formations des imams ne courent pas les rues. C’est pour suppléer à ce manque que le gouvernement a soutenu via le ministère de l’Enseignement supérieur de la Fédération Wallonie-Bruxelles, la création de L’Institut de promotion des formations sur l’islam. L’objectif de cet institut, selon la Libre.be, sera « de proposer des formations théologiques aux imams, aumôniers islamiques ou encore aux professeurs de religion islamique ». Il s’agira également de prévenir la formation d’imams à l’étranger, en Egypte ou en Arabie saoudite, et de privilégier l’enseignement d’un islam compatible avec la culture et les valeurs européennes. « Une formation linguistique à destination des imams ne parlant pas le français sera proposée. Elle ne sera pas organisée par l’Institut mais ce dernier entrera en contact avec des opérateurs », précise Andrea Rea, coprésident de l’Institut, professeur à l’ULB et directeur du Groupe de recherche sur les relations ethniques, les migrations et l’égalité (GERME), citée par la Libre.be.Au cœur du désaccord subsiste la question centrale de la séparation des pouvoirs entre Etat et religions soulevé par Salah Echallaoui, président de l’EMB, dans un pays où l’Etat est neutre mais où des cours de religions sont proposés en option dans les écoles publiquesGarantir la séparation entre Etat belge et islamPrévu pour la rentrée 2017, l’ouverture a été différée du fait de l’opposition de l’Exécutif des musulmans de Belgique (EMB), la principale instance de représentation musulmane de Belgique. L’institution musulmane critique le principe de la non proportionnalité du vote au sein du comité de direction de l’institut, elle-même ne comptant que trois votants sur onze.
