Imam, écrivain et conférencier, Ahmad Kanté nous propose sur Mizane.info une lecture islamo-biblique abondante, cohérente et convergente de la notion d’Alliance et de salut.
Une mauvaise compréhension de ce qui lie le prophète Muhammad (bpslf) à ses prédécesseurs et le Coran aux Livres révélés antérieurs a des conséquences désastreuses sur la communauté prophétique et la communauté scripturaire entre le judaïsme, le christianisme et l’islam. En vérité, le Coran nous donne une grille d’interprétation à travers laquelle il devient clair que l’islam est l’autre nom de l’Alliance et du Salut que Dieu a proposés à l’humanité.Une des causes de la grande confusion qui règne au sujet de l’Alliance Abrahamique universelle vient de ce que l’islam est considéré comme une religion à côté du judaïsme et du christianisme et qu’il serait celle des Arabes descendants d’Ismaël (paix sur lui) ou tout simplement, celle des « musulmans 2» ! Or, l’on est fondé à se poser la question de savoir : comment peut-on s’imaginer que le vrai et unique Dieu soit la source de religions révélées différentes à la même humanité ?La seule façon rationnelle de sortir de ce dilemme ou de cette grande confusion, c’est de tenir pour vrai que Dieu a fait don à l’humanité d’une seule Religion sous forme d’Alliance, assortie d’obligations et de promesses, avec pour chaque horizon temporel, la forme qu’elle revêt sans que le fond ou le contenu de base ne change. C’est ainsi qu’il existe des Livres révélés et des prophètes (paix sur eux) mais pour une seule Religion : adorer le vrai et unique Dieu ; obéir à Ses commandements.
Le sens de l’islam transhistorique
Dans cette perspective, il est tout à fait justifié que Ce même vrai et unique Dieu qui a fait don à la même humanité de cette « Religion-Alliance-Salut » qu’est l’islam dise qu’en dehors d’elle, nul ne saurait être considéré comme y appartenant :« Et quiconque désire une religion autre que l’islam, ce ne sera pas accepté de lui, et il sera dans l’au-delà, parmi les perdants. » (Coran 3 : 85).Chose très importante, voire décisive à noter dans ce registre, c’est que ce verset, loin d’être une sorte de condamnation pour dire que hors de la religion des musulmans qui s’appelle « islam », point de salut, vient juste après une profession de foi unitaire que le prophète Muhammad (bpslf) a reçu ordre de proclamer :« Dis3 : ‘Nous croyons en Dieu, en ce qu’on a fait descendre sur nous, en ce qu’on a fait descendre sur Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob, et les asbât4et à ce qui a été donné à Moïse, à Jésus, aux prophètes de la part de leur Seigneur. Nous ne faisons aucune différence5 entre eux et c’est à Lui (Dieu) que nous sommes soumis’ ». (Coran 3 : 84). Voir aussi (Coran 2 : 136).Déjà, il faut noter que ça ne ferait pas sens de traduire le terme « muslimûn » de ce verset par « musulmans », ce qui donnerait « C’est à Lui que nous sommes musulmans » ! Nous voyons comment le Coran mentionne une communauté de foi entre le prophète Muhammad (bpslf), tous les prophètes (paix sur eux) et notamment Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob et ses douze fils dont sont issus les Tribus d’Israël. Trois choses ressortent des versets susmentionnés : i) la foi en Dieu ; ii) la foi en la Révélation faite à tous les prophètes ; iii) la soumission à Dieu.Dit autrement, l’islam est la religion qui consiste à croire au vrai et unique Dieu Qui a parlé à l’humanité à travers des prophètes (paix sur eux) et des Livres et à accepter d’observer Ses commandements. C’est pourquoi, pour Dieu, il existe une seule religion ou si on reprend le verset susmentionné, c’est l’islam la religion qu’Il agrée.Tout cela est en parfaite cohérence avec les Testaments d’Abraham et de Jacob (paix sur eux) que nous avons mentionnés plus haut où les mots « islam » et « muslimûn » reviennent (Coran 2 : 131-133). C’est ainsi que dans le Coran, tous les prophètes et ceux qui les ont suivis sont qualifiés de « muslimûn », ceux qui ont accepté l’islam comme religion, c’est-à-dire, d’entrer dans une Alliance avec Dieu assortie d’obligations et de promesses. On est loin d’un islam, religion des Arabes ou des Musulmans ou encore Mahométans.
« ‘Ahd » et « mîthâq » : les deux notions clés de l’alliance
Dans le Coran, deux termes renvoient au thème de l’Alliance : « ‘ahd » et « mîthâq ». Une recension exhaustive permet de voir que même si dans de rares cas, les deux termes sont interchangeables, « ‘ahd » peut être traduit au sens d’Alliance6 en tant que telle, à savoir, le contenu de ce que Dieu propose à l’humanité : i) L’adorer en tant que vraie et unique Divinité ii) observer Ses Commandements.La compréhension coranique de la première expression renvoie à la foi en un Dieu unique sans associé ni partenaire et Qui transcende Sa création, alors que la seconde nous dit que Dieu communique Ses commandements à travers des Livres révélés et des prophètes (paix sur eux) et s’attend à ce qu’ils soient observés.Le terme « mîthâq », lui, exprime beaucoup plus l’accord ou l’acceptation des termes de l’Alliance par un individu ou un groupe. Pour faire le tour complet du thème de l’Alliance à la lumière du Coran, il faudra intégrer les concepts de « naqdz », de « wa ‘d » et de « wa ‘îd »7. On se retrouve ainsi avec les composantes du thème de l’Alliance suivantes à la lumière du Coran :« ‘ahd », Alliance venant de Dieu : adorer le vrai et unique Dieu ; observer Ses Commandements (Sa Loi) ;« mîthâq », Accord/Acceptation donné par un individu ou un groupe de respecter les termes de l’Alliance ;« naqdz », Violation/transgression des commandements de Dieu ;« wa ‘d », Promesse de bénédiction et de Salut pour ceux qui respectent les termes de l’Alliance ;« wa ‘îd », « Promesse » de sanction et de damnation pour ceux qui rejettent l’Alliance ou la transgresse gravement (idolâtrie et péchés majeurs).
C’est à travers le terme « umma » que le Coran nous fait comprendre ceci que l’Histoire de l’Alliance est une succession de « umam » (pluriel de « umma ») jusqu’à la dernière qui est incarnée par Muhammad (bpslf), le sceau des prophètes et dernier messager de Dieu et régie par le Coran, dernier Livre révélé. Les membres de chaque « umma » sont alors mis à l’épreuve de l’Alliance.C’est ainsi que la Bible mentionne plusieurs Alliances jusqu’à la dernière que Dieu a conclue avec Abraham (paix sur lui) assortie de la promesse faite à sa descendance d’en être le dépositaire et le témoin pour toutes les nations après lui et jusqu’à la fin des temps.
Les sens attestés de la notion de umma
La revue du terme « umma » et du pluriel « umam » dans le Coran et leurs différentes occurrences conduit à se faire une idée claire de ce qu’on pourrait en comprendre de façon pertinente et cohérente avec le sujet de l’Histoire de l’Alliance et du Salut. De cette recension, on retient ce qui suit : Communauté de foi9 ; communauté de coutume, de traditions et de pratiques10 ; Existence de plusieurs « umma »11 ; groupe d’humains et de « jinns »12 ; les « umam » qui se succèdent dans le temps13 ; Muhammad (bpslf) incarne une « umma »14 ; le concept de « umma wasatan » (Communauté médiane, du juste milieu)15 ; l’invocation d’Abraham pour une « umma muslima » (Communauté soumise à Dieu)16 ; chaque « umma » a reçu un « nazîr » (avertisseur)17 ; à chaque « umma » est envoyé un « rasûl » (messager de Dieu) qui en est le « chahîd » (Témoin) à charge ou à décharge18 ; chaque « umma » est concernée par un Livre révélé19 ; existence dans le passé d’une seule « umma » pour les humains puis des divergences sont survenues20 ; chaque « umma » a reçu des « munzirîn » (avertisseurs de châtiment pour les transgresseurs) et « mubachchirîn » (annonciateurs de Salut pour les fidèles)21 ; Muhammad (bpslf) est le Messager-Témoin de cette dernière « umma » inaugurée par sa mission et le Coran22 ; à lui seul, Abraham est une « umma » (modèle, guide, exemple)23 ; cette « umma » qui a fait son temps24 ; la notion de « ajal » (durée, délai) pour chaque « umma »25 chaque « umma » a son « mansakan » (culte et rituel propre)26Les six piliers de la umma
Comment pourrait-on retrouver les « umam » qui se sont succédé dans le temps ? Difficile de répondre de façon catégorique et univoque à cette question. Mais, l’on peut, à tout le moins, se faire une idée des composantes d’une « umma » en raisonnant sur la base d’informations clés que nous fournit le Coran à savoir :-Une communauté de foi 27 ;-Un horizon temporel défini ;-Un messager de Dieu et Témoin pour sa « Umma » ;-Des prophètes avertisseurs et annonciateurs ;-Un Livre révélé ;-Un culte, une loi et une voie.C’est ainsi que les commentateurs du Coran admettent qu’il y a eu une première « umma » qui a englobé les générations d’Adam (paix sur lui) à Noé (Nûh – paix sur lui), d’une durée de dix siècles. Si Noé (paix sur lui) est envoyé comme messager de Dieu, c’est que certains individus et groupes de la « umma » première ont commencé à dévier au sens de verser dans l’idolâtrie et autres transgressions des commandements de Dieu. (Coran 2 : 213) ; (Coran 10 : 19).Le récit coranique sur Noé (paix sur lui) donne des informations sur l’état d’esprit, les propos et les comportements de son peuple envers Dieu et envers lui. Toujours, d’après ce que le Coran en dit, Noé (paix sur lui), messager de Dieu, a prêché durant 950 années, compte non tenu de son âge quand il a commencé son appel à l’islam, donc presque la même durée que celle de la première « umma », c’est-à-dire, d’Adam à lui.
De Noé à Abraham, la transition cyclique de l’humanité
Noé (paix sur lui), une partie de sa famille et quelques autres personnes de son peuple refondent une humanité insérée dans l’Alliance de foi au vrai et unique Dieu et l’observance de Ses commandements. C’est de là qu’est venue l’appellation de « second Adam » attribué à Noé. Il refonde une nouvelle humanité, mais aussi une nouvelle écologie avec les espèces29 en couple qu’il a reçu l’ordre d’embarquer dans l’arche.Va suivre, pourrait-on dire, la « umma » d’Abraham (paix sur lui) marquée par l’invitation à l’islam qu’il va adresser à son peuple. On est alors dans une « umma » pour laquelle Abraham (paix sur lui) est le messager de Dieu et Son témoin. Juste rappeler que Dieu fait d’Abraham l’imam de l’humanité et établit une Alliance universelle avec lui.Dès lors, le salut de l’humanité va se jouer comme une épreuve face aux exigences de l’Alliance entre Dieu et Abraham : croire au vrai et unique Dieu et observer ses commandements. Dieu promet à Abraham (paix sur lui) ceci que ce sont des justes et pieux de sa descendance qui seront les vecteurs de ladite Alliance.Comme mentionné plus haut dans les « composantes » de la « umma », ce sont des « suhuf » (feuillets)30 d’Abraham (paix sur lui) qui vont contenir les commandements destinés à régir la vie cultuelle et civile de cette « umma ». Le Coran donne une indication sur cette « umma » que constituent Abraham, Ismaël, Isaac et Jacob (paix sur eux). (Coran 2 : 134).Aussi, Abraham (paix sur lui) est à lui seul une « umma » et possède une « milla »31. C’est donc à travers l’Alliance Abrahamique que va se jouer le Salut de l’humanité avec des étapes, références scripturaires, événements et figures emblématiques qui vont se succéder jusqu’à la fin des temps ou les temps de la fin.L’on pourrait considérer que la « umma » d’Abraham (paix sur lui) est formée des deux « moments » israélite et ismaélite. Le premier s’étend de Jacob à Jean (paix sur eux) et le deuxième et dernier est incarné par la personne de « Ahmad » (le plus loué – bpslf) annoncé par Jésus, fils de Marie (paix sur lui) qui occupe une position charnière entre les deux. Ces deux patriarches n’avaient enseigné rien d’autre que l’islam.Le testament d’Abraham (paix sur lui) à ses enfants, tous ses enfants, leur disant que l’islam est la religion que Dieu leur a donnée et de ne mourir qu’en Lui étant soumis consacre définitivement ce que nous avons dit et redit à savoir que l’islam est l’autre nom de l’Alliance et du Salut.
L’héritage de Jacob
Sur son lit de mort, Jacob (paix sur lui) pose lui aussi une question décisive à ses enfants qui lui donnent la réponse attendue : ils s’engagent à rester attachés à la foi d’Abraham, d’Ismaël et d’Isaac (paix sur lui) au Dieu unique et de Lui rester soumis, une autre façon de dire qu’ils vont observer Ses commandements. (Coran 2 : 131-134).La fonction de Jacob (paix sur lui) consiste apparemment à donner la lignée qui va porter l’Alliance Abrahamique pour un laps de temps même si on a vu comment le judaïsme a fini par croire que c’était sans condition et jusqu’à la fin des temps. Selon la Bible, Dieu a promis à Abraham et à sa descendance par la lignée de Jacob (paix sur eux), les terres de Canaan et que celle-ci sera tenue en esclavage dans un pays étranger qui n’est autre que l’Égypte.Mais comment interpréter ce passage du peuple d’Israël en Égypte dans des conditions de servitude aussi dures et pendant des siècles ? Que peut-on savoir de la sagesse incommensurable de Dieu à propos de ce séjour aussi éprouvant pour le peuple d’Israël en Égypte ?Ni la Bible, ni le Coran ne donne les « raisons » de ce séjour éprouvant et séculaire du peuple d’Israël en Égypte. N’empêche que nous pouvons tenter quelques explications.On ne peut s’imaginer que c’est juste pour faire souffrir le peuple d’Israël que Dieu le laisse en esclavage en Égypte. Que non ! D’ailleurs, il ne faut pas oublier que le peuple d’Israël est bien installé dans un premier temps et respecté en Égypte. Ce n’est qu’après leur « montée » en puissance que le Pharaon décide de sévir.
La destinée des fils d’Israël
C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre le « fadl » (faveur) et la « ni’mah » (bienfait) accordés aux fils d’Israël dont le Coran fait mention à maintes reprises 36.Mais ces distinctions données au peuple d’Israël sont toujours associées dans le Coran aux obligations de l’Alliance notamment du Sinaï comme nous en avons largement discuté plus haut. Dans ce cadre, le Coran a mentionné le manque de reconnaissance des fils d’Israël à l’égard de Dieu, aux moult violations des termes de l’Alliance et à la fausse croyance en un « peuple élu » qui serait à jamais impuni quoi qu’il fasse 37.La fonction de Moïse (paix sur lui) sera d’être le libérateur du peuple d’Israël, de recevoir la Torah et d’être le premier Témoin de l’Alliance du Sinaï. D’abord, Dieu le sauve en tant que bébé dans des conditions désespérées pour sa mère et puis le fait accepter dans le palais du Pharaon, ennemi intraitable du peuple d’Israël. Ensuite, Moïse est soumis à l’épreuve de l’homicide involontaire et à l’exil vers « Madyan »38.C’est sur le chemin du retour que Dieu lui parle et le fait messager pour délivrer le peuple d’Israël qui est le peuple de l’islam de l’époque. Il va assurer sa fonction qui se terminera aux portes de la terre promise. Moïse d’Égypte ne sera jamais Moïse de Canaan. Le Coran mentionne des « umma 39» dans la communauté de Moïse.Dans le cadre de l’Alliance Abrahamique, la famille/descendance de « Amram » (âli ‘imrân) va avoir une fonction emblématique. En effet, c’est de la lignée d’Amram, fils de Lévi, fils de Jacob que seront issus Moïse et Aaron (paix sur eux) en Égypte et environ 1000 ans plus tard, Amram de Palestine et sa fille Marie, mère de Jésus fils de Marie (paix sur eux).Quand Moïse et Aaron (paix sur eux) sont rappelés à Dieu aux portes de la terre promise, le peuple d’Israël finit quand même par y entrer. Même pour la désignation de leur premier roi en l’occurrence Saül (Tâlût) sur sa propre et insistante demande, le peuple d’Israël fait des siennes 40.Les règnes emblématiques des rois-prophètes-juges que sont David et Salomon (paix sur eux) viennent confirmer la promesse de Dieu à Abraham (paix sur lui) d’accorder à sa descendance une royauté hors du commun. D’ailleurs, après Salomon, le peuple d’Israël va être confronté à des événements éprouvants notamment le traumatisme de la destruction du Temple par les troupes de Nabuchodonosor vers 587-586 av. J.-C. et l’exil forcé de la crème du peuple d’Israël à Babylone.L’accomplissement de la promesse de Dieu
Dieu a respecté tout ce qu’Il a promis à Abraham et sa descendance (paix sur eux) dans le cadre de l’Alliance susmentionnée dont l’autre nom, nous le répétons, est « islam ». C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre ces versets clés :« Et Abraham fut mis à l’épreuve par certaines prescriptions et dès qu’il les eut accomplies, Il dit : ‘Je vais faire de toi un imam pour les gens’. Il dit : ‘Et ma descendance ?’41 Il dit : ‘Mon Alliance (‘ahd) ne concerne pas les injustes’ » (Coran 2 : 124).« Et lorsque Nous avons pris l’engagement des prophètes ainsi que de toi-même, de Noé, d’Abraham, de Moïse et de Jésus fils de Marie. Nous avons pris d’eux un engagement solennel » (Coran 33 : 7) ;« Dis : ‘Nous croyons en Allah, en ce qui nous fut révélé et révélé à Abraham, Ismaël, Isaac, Jacob, et les Tribus et en ce qui a été donné à Moïse, à Jésus et aux prophètes de la part de la part de leur Seigneur. Nous ne faisons aucune différence entre eux et c’est à Lui que nous sommes soumis’. Et quiconque prend une religion autre que l’Islam, cela ne sera pas accepté de lui et dans l’au-delà, il fera partie des perdants » (Coran 3 : 84-85) ;« Ce fut là ce que recommanda Abraham à ses fils ainsi que Jacob : ‘Ô mes fils, c’est Allah qui a choisi pour vous cette religion. Ne mourrez donc point que vous ne soyez des soumis’. Étiez-vous donc témoins quand Jacob, à l’article de la mort, eut dit à ses fils : ‘Qu’adorerez-vous après moi ?’ Ils répondirent : « Nous adorerons ton Dieu et le Dieu de tes pères, Abraham, Ismaël, et Isaac, un Dieu unique auquel nous sommes soumis. » (Coran 2 : 132-133) ;« Certes, Allah a élu Adam, Noé, la famille d’Abraham, et la famille d’Amram au-dessus des mondes » (Coran 3 : 33) ;« Quiconque désire une religion autre que l’Islam, cela ne sera pas accepté de lui et dans l’au-delà, il fera partie des perdants » (Coran 3 : 85).Pourquoi parler de muslimun ?
Dans tous ces versets clés, si le terme « islam » est compris au sens de la religion de l’Alliance entre Dieu et l’humanité, et celui de « muslimûn » comme « ceux qui ont accepté de se soumettre aux exigences de l’Alliance », alors on sort de confusions et d’erreurs lourdes qui sont à la base des plus profondes divergences entre juifs, chrétiens et musulmans sur l’Histoire de l’Alliance et du Salut.Dans cette perspective, tous les prophètes et messagers de Dieu (paix sur eux) ont eu pour religion l’islam et tous les croyants qui ont accepté de les suivre ont été /sont des « muslimûn » au sens de « soumis » à Dieu dans le cadre de l’Alliance dont les termes sont : croire au vrai et unique Dieu et observer Ses commandements.Nous préférons la traduction de « muslimûn » par le mot « soumis » à celui de « musulmans » que l’histoire et la littérature ont fini de considérer comme les adeptes de la religion de Mahomet, le prophète des Arabes ! En vérité, le terme « soumis » sous-entendu à Dieu s’applique à tout fils et toute fille d’Adam qui accepte les termes de l’Alliance que Dieu a proposé à l’humanité depuis Adam (paix sur lui) et notamment à travers ces cinq plus grands prophètes et messagers : Noé, Abraham, Moïse, Jésus et Muhammad. (Coran 33 : 7).C’est ainsi que le Coran a appelé « muslimûn » (soumis) tous les prophètes et messagers de Dieu ainsi que les autres croyants non humains comme les « jinns ». Donc le terme coranique de « islam » précède Muhammad et Abraham (paix sur eux) pour signifier tout simplement l’Alliance que Dieu a conclue avec l’humanité.
Le portage de l’Alliance
Le Coran invite l’humanité à entrer dans l’Alliance avec Dieu afin d’être guidé vers la voie du Salut, la « sirâtal mustaqîm »42. Dans le verset qui suit, c’est le terme « silm »43 qui renvoie à paix qui est utilisé comme synonyme de « islam », car entrer dans cette Alliance est gage de Paix et de Salut si on en respecte les exigences et qu’on se repente pour les transgressions commises. (Coran 2 : 209).C’est en toute cohérence que le verset nous dit que refuser d’entrer dans la voie du Salut, c’est choisir les voies de Satan. Dans la même veine, le messager de Dieu, Muhammad (bpslf) mettait dans les courriers qu’il envoyait aux souverains d’à côté : « aslim, taslam ». La traduction littérale de cette expression fondamentale et décisive par des expressions du genre « soumets-toi et tu as la paix » appauvrit le sens profond de cette invitation qui est la même que celle que les prophètes (paix sur lui) ont lancée à leurs époques respectives.En effet, une mauvaise compréhension de cette expression a pour résultat de cacher ou dévoyer son véritable sens, lequel est étroitement lié à l’Alliance et de faire croire qu’il s’agit tout juste d’un ordre à se soumettre à Muhammad lui-même (bpslf). C’est pour éviter ce genre d’erreurs qu’on peut retrouver sur d’autres sujets relativement à l’islam, que nous proposons pour cette expression une traduction bien entendue perfectible comme : « Si tu acceptes l’islam, tu seras sauvé – ou si tu acceptes l’islam, ton salut est assuré ».C’est ainsi qu’au temps d’Adam (paix sur lui), lui et ses enfants qui l’ont suivi ont constitué le peuple de l’islam, de même Noé (paix sur lui) 44 avec des membres de sa famille et d’autres croyants qui sont montés avec lui dans l’Arche constituaient le peuple de l’islam. À partir d’Abraham (paix sur lui), le « portage » de l’Alliance est domicilié dans sa descendance quand Dieu le fait imam de l’humanité.
