L’association ARS (Accueil et Réinsertion Sociale), à Nancy, est sous le feu des critiques après avoir introduit une clause de « neutralité », dans son règlement, entraînant le possible licenciement de deux salariées voilées. Plusieurs salariés de l’association se sont mobilisés pour soutenir leurs collègues et dénoncent une mesure injuste. Explications
Deux jeunes femmes voilées de l’association sociale nancéienne ARS (Accueil et Réinsertion Sociale) sont menacées de licenciement suite à l’introduction d’une nouvelle clause de « neutralité » dans le règlement de l’entreprise.
Les salariés de l’association se sont mobilisés pour soutenir leurs deux collègues, dénonçant une mesure qu’ils jugent injuste et « stigmatisante ». Une nouvelle mobilisation est prévue mercredi 2 octobre pour demander son retrait.
Une mobilisation de soutien « historique »
L’association ARS (Accueil et Réinsertion Sociale), opérateur de l’État en Meurthe-et-Moselle, fait face à une contestation de ses propres employés après avoir révisé son règlement interne pour interdire le port de signes religieux ostensibles, dont le voile, sur les lieux de travail.
Deux salariées voilées, embauchées depuis trois et quatre ans, ont été convoquées début septembre pour un entretien préalable à un licenciement pour avoir enfreint cette nouvelle directive. Leurs collègues se sont rapidement mobilisés pour les soutenir : une assemblée générale organisée par le syndicat SUD a rassemblé hier 80 des 350 employés de l’association.
France 🇫🇷 Plusieurs salariés de l'ARS à Nancy se mobilisent pour empêcher le licenciement de deux de leurs collègues. Elles portent le voile, or un nouveau règlement intérieur adopté cet été interdit aux salariés tout port de signes religieux pendant leur travail. pic.twitter.com/1lU3G3OFTp
— vaudais toujours 🍉 🍉 (@TFilastin) September 27, 2024
Le syndicat dénonce une « chasse aux sorcières », pointe un excès dans l’interprétation de la laïcité et envisage des actions en justice pour contester la légalité des mesures de l’ARS. Philippe Blouet, délégué syndical, qualifie cette mobilisation d’« historique » pour l’association créée en 1979 :
« Elles ont été embauchées avec leurs voiles. L’une d’elles avait même effectué un stage au sein de l’association avant son embauche, déjà avec son voile. Ça n’avait posé problème à personne »
Le ministre de l’Intérieur défend l’ARS
Rémi Bernard, directeur de l’ARS, défend la modification du règlement interne comme étant « la suite logique » de la révision des statuts de l’association en 2023. Ce vendredi, Bruno Retailleau a publiquement soutenu la décision de l’ARS, affirmant la nécessité de « lutter sans relâche pour faire reculer le séparatisme » :
Il n’est pas acceptable que des personnes cherchent à s'extraire des règles communes en matière de laïcité.
— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) September 27, 2024
Je soutiens cette association, opérateur de l'État, qui ne fait qu'appliquer la loi.
En tant que ministre de l'Intérieur, je vais lutter sans relâche pour faire reculer…
« Il n’est pas acceptable que des personnes cherchent à s’extraire des règles communes en matière de laïcité. Je soutiens cette association, opérateur de l’État, qui ne fait qu’appliquer la loi. En tant que ministre de l’Intérieur, je vais lutter sans relâche pour faire reculer le séparatisme »
Les deux salariées concernées n’ont pas encore décidé si elles saisiront la justice. Une mobilisation est prévue mercredi 2 octobre pour demander le retrait de la clause de neutralité.
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