Une mise sous tutelle politique des enseignements et des enseignants « fort inquiétante ». Face au programme du RN, plusieurs cadres de l’Éducation nationale déclarent, dans une pétition, qu’ils n’appliqueront pas « les mesures qui contreviendraient aux valeurs de la République » en cas d’accession au pouvoir du parti d’extrême droite. Zoom
En cas d’accession au pouvoir, le Rassemblement National prévoit de « sanctionner les chefs d’établissement qui ne seraient pas suffisamment vigilants quant au devoir de neutralité des professeurs ». Un serrage de vis idéologique sans équivoque du corps enseignant.
En réaction, 700 cadres de l’Éducation nationale ont signé une pétition déclarant qu’ils refuseront d’obéir en cas d’arrivée au pouvoir du Rassemblement national à l’issue des élections législatives des 30 juin et 7 juillet prochains.
Mettre fin à une doctrine « laxiste »
Le programme du Rassemblement national en matière d’éducation prévoit un contrôle « accru » de la neutralité des professeurs. Il s’agit prioritaire de « mettre la fin de la doctrine laxiste », d’une « reprise en main du contenu et des modalités des enseignements », de la « suppression des Instituts nationaux supérieurs du professorat et de l’éducation » qui « contribuent à diffuser une idéologie délétère ».
« l’enseignement dans le primaire donnera une priorité absolue au français, aux mathématiques et à l’histoire de France. Les enseignements de langue et culture d’origine qui nuisent à l’assimilation des élèves seont supprimés »
Le RN envisage également un « accroissement du pouvoir de contrôle des corps d’inspection en la matière », et une « obligation de signalement des cas problématiques sous peine de sanctions à l’encontre des encadrants ». Pour le professeur d’histoire, Claude Lelièvre, il s’agit « de transformer les enseignants en « fidèles exécutants de programmes politiques définis par le Parlement ».
Des enseignants rentrent en « résistance »
En réponse, des cadres et fonctionnaires de l’Éducation nationale affirment, dans une pétition, qu’ils refuseront d’obéir en cas de victoire du RN aux prochaines élections législatives : « parce que nous servons l’Etat, nous déclarons dès aujourd’hui qu’aucun d’entre nous n’appliquera de mesures qui contreviendraient aux valeurs de la République ».
Les signataires indiquent avoir pris position « après avoir étudié de près le programme du Rassemblement national » et dénoncent par exemple « le fait de pouvoir vérifier l’identité française des élèves ». Emmanuel Constant, principal d’un collège dans le Val-de-Marne et élu socialiste, précise :
« On verra ce qui nous sera demandé, si nous considérons que c’est en contradiction avec les valeurs de la République telle que la liberté, l’égalité, la fraternité, la laïcité, et bien nous désobéirons ! »
Le collectif rappelle notamment que « l’obligation d’obéissance hiérarchique peut cesser si l’ordre donné risque de compromettre gravement l’intérêt public ».
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