Quelques jours après l’annonce du gel de ses avoirs, l’institut européen des sciences humaines (IESH) est désormais visé par une procédure de dissolution. Dans un communiqué, publié lundi, l’institut de formation des imams, basé à Saint-Léger-de-Fougeret, dénonce une mesure « grave dans ses conséquences » et « incompréhensible ». Explications.
L’Institut européen des sciences humaines (IESH) a annoncé lundi, par communiqué, avoir reçu un avis notifiant une procédure de dissolution de son association, quelques jours à peine après avoir été visé par un arrêté ministériel annonçant le gel de ses avoirs, ainsi que ceux de deux de ses dirigeants.
La fermeture de l’IESH serait contre-productive
Dans son communiqué, publié ce lundi, l’IESH déplore une procédure de dissolution « grave dans ses conséquences, et incompréhensible ». Fondé en 1992 et spécialisé dans la formation des imams et des cadres religieux en France, l’institut se pose en « rempart intellectuel et pédagogique contre les lectures déviantes des textes religieux », et assure que son éventuelle fermeture « entraînerait un vide institutionnel conséquent ».
« La fermeture de l’IESH serait contre-productive, car elle affaiblirait une réponse structurée et encadrée face à la désinformation religieuse. […] Il serait paradoxal de disperser ces enseignements, aujourd’hui encadrés, au profit d’un repli vers les réseaux sociaux ou vers des formations étrangères échappant à tout contrôle. »
« Notre établissement a toujours été ouvert au dialogue avec les institutions. Nous avons accueilli des représentants de l’État, signé la Charte de l’Islam de France, mené des partenariats universitaires, et entretenu un dialogue régulier avec les autorités », certifie l’institut théologique dans son communiqué.
Visé par une procédure de dissolution, l’IESH dénonce une décision «incompréhensible» et annonce un recours en justice. L’institut met en garde contre les effets d’une fermeture 🔑. #IESH #France #Justice #Dissolution #Enseignement pic.twitter.com/Qcb3YFiA11
— Yabiladi.com (@yabiladi_fr) June 24, 2025
Un recours en justice envisagé
« Si des ajustements sont nécessaires, nous sommes prêts à les entreprendre. Mais une décision de dissolution serait vécue comme une injustice majeure, un précédent dangereux, et un signal négatif adressé à toute une frange de la société investie dans la paix civile et le vivre-ensemble », poursuit l’établissement.
L’IESH assure qu’« en cas de décision effective, un recours en référé sera introduit sans délai devant les juridictions administratives compétentes ». Dans un communiqué publié, jeudi dernier, la fédération Musulmans de France (MF) avait exprimé « sa plus vive inquiétude » ainsi que sa « solidarité » face à la procédure de dissolution administrative engagée contre l’IESH.
Lire sur le sujet : Le gouvernement français gèle les avoirs de l’institut islamique IESH
Des accusations persistantes « infondées »
Cette procédure survient alors que l’IESH avait été nommément cité dans le rapport dévoilé fin mai sur un prétendu « entrisme » des Frères musulmans en France. Dans un communiqué de presse répondant à ces accusations, l’Institut avait dénoncé des « accusations infondées d’islamisme, de frérisme et d’entrisme », et affirmait ne porter aucune ambition politique.
Autre illustration de cet acharnement juridique : une perquisition avait été menée, en décembre dernier, dans les locaux de l’institut.

