L’Inde devient en ce mois d’avril le pays le plus peuplé du monde, avec 1,428 milliard d’habitants. Il dépasse ainsi son puissant voisin chinois qui amorce une baisse de sa population. Focus.
Une population jeune et en constante augmentation
Contrairement à la Chine, dont le nombre d’habitant est en constante diminution depuis sa politique de l’enfant unique, la population en Inde devrait continue à croitre encore plusieurs décennie. Selon les estimations, cette croissance ne devrait connaitre une stagnation que d’ici 2050 après avoir atteint un pic de 1,7 milliard d’habitants. On pourrait supposer que la densité de population en Inde est exponentielle au vu de son nombre record d’habitant mais ce n’est pas le cas. Du fait de sa répartition très inégalement répartie, concentrée dans le nord du pays et la pointe sud, la densité globale est plutôt faible. Ce sont les régions très urbanisées qui sont elles, par contre, extrêmement denses.
La croissance à venir des populations séniors
Statistique édifiante concernant la population âgée en Inde : les centenaires sont aussi nombreux qu’en France (environ 30 000) qui compte 20 fois moins d’habitants ! Malgré ce chiffre, la population indienne va finir par vieillir mais pas avant au moins un siècle. Selon l’ONU, les 25-64 ans resteront majoritaires avant que les plus de 65 ans finissent par atteindre près d’un tiers de la population d’ici à 2100 (contre moins de 7% aujourd’hui).80% des emplois en Inde sont informels
Avec un taux de chômage à 8% et une croissance économique de 6% par an, le pays peine pourtant toujours à fournir un emploi stable à l’ensemble de sa population active. Actuellement, l’économie indienne ne crée que 3 à 4 millions d’emplois par an alors que plus d’un million d’actif arrive sur le marché de l’emploi chaque mois.
Les jeunes sont des millions à se présenter aux concours de la haute fonction publique chaque année pour 700 à 800 postes possibles à la clé. Pour des emplois publics plus accessibles (chemins de fer, police, armée) les candidats sont encore plus nombreux.
C’est en partie à cause de cet état de fait que plus de 80 % des emplois en Inde sont informels, c’est-à-dire sans code du travail. Odile Henry professeur de sciences politiques à Paris 8 et détachée au CSH (Centre de sciences humaines de Delhi), explique :
Cette croissance profite au secteur des services qui correspond à une portion très infime de la population. À côté de ça, l’emploi ne se développe pas dans les autres secteurs d’activités.
L’Inde peine également à retenir ses cerveaux plus attirés par les pays anglophones. Des centaines de milliers de jeunes s’expatrient pour un eldorado plus libéral en Occident.

