Le vote d’une nouvelle loi fondamentale par l’Assemblée israélienne, définissant l’Etat d’Israël comme Etat du peuple juif, a été diversement reçu et apprécié dans l’opinion internationale et au sein de la communauté juive. Le Rabbin Gabriel Hagaï exprime avec force et indignation sa critique humaniste et religieuse de l’orientation politique et idéologique défendu par Tel Aviv, dans cette nouvelle tribune publiée par Mizane.info.

Nous, les juifs, sommes une famille, pas une nation au sens politique du terme. Nous sommes la « Famille de Jacob (Bêt-Ya‘aqov) », celle de ses descendants – à qui Dieu a donné Sa Torah par MoïseOr, c’est faux ! Il n’en est rien ! Notre identité, c’est la Torah. Et on ne saurait réduire la révélation divine qu’est la Torah au nationalisme primaire que constitue le sionisme. Notre Torah est justement construite sur la justice, l’amour, l’humilité et l’inclusion. Tout le contraire des « valeurs » du sionisme – incarnées par cette loi fondamentale –, basées sur l’orgueil, l’oppression, la haine et l’exclusion. Selon notre Torah, on ne saurait donc construire une société saine sur l’injustice envers ne fut-ce qu’une seule personne – a fortiori envers un peuple tout entier.Nous, les juifs, sommes une famille, pas une nation au sens politique du terme. Nous sommes la « Famille de Jacob (Bêt-Ya‘aqov) », celle de ses descendants – à qui Dieu a donné Sa Torah par Moïse –, et à laquelle on peut appartenir par trois moyens : 1. la filiation, 2. l’adoption (ce qu’on appelle abusivement la « conversion ») et 3. le mariage. C’est pour cela qu’il existe des juifs de toutes les ethnies, fruits des mélanges entre nos populations originelles du Moyen-Orient et les peuples qui nous ont accueillis tout au long de notre histoire. Ainsi nos gènes sont communs avec nos sœurs et frères les Palestiniens, qui partagent la même origine que nous.L’usurpation de légitimité vis-à-vis des juifs que constitue l’État d’Israël, est aussi grave que celle du soi-disant État Islamique vis-à-vis des musulmans (chacun à sa manière, bien sûr). C’est pour cela qu’à l’occasion de notre jeûne du 9 av – la triste commémoration des plus sombres heures de notre histoire – j’ai ajouté une raison supplémentaire de prendre le deuil, de me lamenter et de demander pardon à Dieu pour nos péchés. Ô notre Créateur, Seigneur de la Terre et des Cieux, pourquoi T’avons-nous délaissé ? Quand ferons-nous enfin Ta volonté ici-bas de fraternité, de paix et d’amour ?Rabbin Gabriel HAGAÏA lire sur le même sujet :

